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Les monuments aux morts de 1914-1918 sont devenus si familiers qu’on ne les voit plus. C’est un musée invisible qui a fini par se confondre avec les paysages de France. Et puis un beau jour, une sculpture arrête le regard. Une autre histoire apparaît, le plus gigantesque chantier artistique peut-être depuis les cathédrales. Ces statues font entrer dans un monde parallèle, là où continuent de vivre les fantômes de la Grande Guerre.
Le Frère André est à inscrire dans la tradition des films qui revisitent les figures mythiques du Québec, qui tentent d'en actualiser l'image et d'expliquer le contexte de leur apparition. Son sujet est celui d'un homme qui a été perçu comme un saint par ses contemporains au début du XXe siècle, à qui l'on a greffé les rameaux de l'espérance collective. Le frère André attirait les foules et guérissait. Il fut à l'origine de l'érection de l'imposant édifice de l'Oratoire Saint-Joseph à Montréal. Cinquième film de fiction de Labrecque, Le Frère André peut aussi être désigné comme un docudrame tant la volonté de se lier au réel est forte dans cette reconstitution d'une vie saisie dans le cadre d'une journée. Les habiletés de la caméra appuient un jeu basé sur le texte, reconstituant une époque où la parole était tout.
En 1940, le journaliste américain Varian Fry débarque en France. Au mépris de tout danger et surveillé par la Gestapo de plus en plus impitoyable, il commence une opération de sauvetage qui repose sur son courage et sa détermination : faire sortir du territoire certaines personnalités menacées par les nazis. Très vite suspecté, il décide de continuer son action clandestine...
Durant les cinq années qui séparent l’immédiat après-guerre du début de la guerre froide, le monde qui espérait une paix durable, va de nouveau se retrouver au bord de l’apocalypse. Cinq années de chaos et d’espérance, pour que les peuples d’une Europe meurtrie ne deviennent le jouet des grandes puissances. Cinq années de confusion et d’espoirs avant de se retrouver, malgré eux, de part et d’autre du rideau de fer.
A Alger, Mehdi Ben Barka, leader de l'opposition au roi du Maroc Hassan II, échappe à un attentat. Un militant proche de lui est tué à sa place. Au Maroc, le général Oufkir, ministre de l'Intérieur, réprimande son chef de la Sureté pour avoir raté l'assassinat. En 1965, Ben Barka retrouve Philippe Bernier, un ami journaliste venu l'interviewer. Il lui annonce sa volonté de créer une organisation qui rassemblera tous les peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine qui luttent pour leur indépendance. Il en sera le dirigeant.