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Sarah Maldoror

Sarah Maldoror

Directing

Biographie

Sarah Maldoror (en arabe : سارة مالدورور), de son vrai vom Marguerite Sarah Ducados, est une cinéaste et réalisatrice française, née le 19 juillet 1929 à Condom (Gers) et morte le 13 avril 2020 à Fontenay-lès-Briis (Essonne). Son cinéma est poétique mais aussi politique et engagé. Elle est considérée comme une figure de proue du cinéma africain et la première réalisatrice du continent. Née d'un père guadeloupéen de Marie-Galante et d'une mère gersoise, elle choisit le nom d’artiste « Maldoror » en hommage au poète Lautréamont. Elle crée en 1958 la première troupe noire à Paris, « Les Griots », aux côtés de Toto Bissainthe, Timoti Bassori et Samb Abambacar. L'un de leur objectif est de partager et faire connaître les textes des auteurs noirs, et d'offrir de grands rôles aux comédiens d'origine africaine. Sarah Maldoror part deux ans à Moscou pour étudier le cinéma au VGIK sous la houlette de Mark Donskoï. Elle y rencontre le cinéaste sénégalais Ousmane Sembène. Compagne de Mário Pinto de Andrade, poète et homme politique angolais, elle participe avec lui aux luttes de libération africaine. Ils donnent naissance à deux filles, Annouchka de Andrade et Henda Ducados. Elle revient en France à Saint-Denis. Mario de Andrade est le fondateur et premier président du MPLA (Mouvement pour la libération de l'Angola). Alors qu'il est secrétaire d'Alioune Diop, fondateur de Présence africaine, il organise le premier congrès des écrivains et artistes noirs à Paris (Sorbonne, 1958) et devient un ami proche des poètes Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Frantz Fanon ou Richard Wright. C'est à Alger, où elle emménage en 1966, qu'elle fait ses premières armes sur le front cinématographique des luttes anticoloniales : assistante sur la Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo (1966) et Festival panafricain d'Alger 1969, documentaire de William Klein, elle réalise bientôt son premier film, suivi d'un film perdu tourné en Guinée-Bissau et d'un premier long-métrage «de fiction», Sambizanga (1972). Tourné en République du Congo, d'après un roman angolais de José Luandino Vieira, adapté par son compagnon Pinto de Andrade avec l'écrivain français Maurice Pons, Sambizanga se passe en 1961 et décrit la répression du Mouvement de libération de l'Angola du point de vue de Maria, femme d'un militant révolutionnaire emprisonné et torturé par l'armée portugaise, qui part à sa recherche à travers le pays. Sarah Maldoror réalisera plus de quarante films courts ou longs-métrages, films de fiction ou documentaires. Son regard s'est notamment porté sur les poètes Aimé Césaire (cinq films), René Depestre ou Louis Aragon, ainsi que les artistes peintres Ana Mercedes Hoyos, Joan Miró ou Vlady. Elle meurt en avril 2020 des suites de la Covid-19. En novembre 2021, "Sarah Maldoror, Cinéma Tricontinental" proposée par le Palais de Tokyo à paris, est une rétrospective de son œuvre, de son parcours de vie et de son engagement politique. L’exposition se prolonge au Musée de l’Homme, au Musée de l’Histoire de l’immigration ainsi qu’au Musée d'Art et d'Histoire Paul Éluard de Saint-Denis.

Connu pour

Monangambé
6.9

Cinéaste-griot venue du théâtre, c'est avec une caméra, alors que la guerre au Viêtnam occupait tous les esprits, que Sarah Maldoror donna une visibilité aux guerres de décolonisation africaines : Angola, Guinée Bissau, Guinée Française, Cap Vert... Son court métrage Monangambée aborde la torture par l'armée portugaise d'un sympathisant de la résistance angolaise. En fin de montage, Sarah Maldoror aborda les membres de l'Art Ensemble of Chicago lors d'un concert parisien et leur proposa de sonoriser son film. Le lendemain ils visionnèrent le film, furent convaincus et, dans la foulée, enregistrèrent leur première bande-son. Gratuitement. Comme évidence d'une solidarité afro-américaine. Tourné à Alger, Monangambée est un film sur la torture et, de façon plus large, sur l'incompréhension entre colonisés et colonisateurs. Il est basé sur un roman l'écrivain angolais Luandino Vieira, alors emprisonné par le pouvoir colonial portugais.

Monangambé

1968Film
Festival Panafricain d'Alger
6.0

Le Festival Panafricain d'Alger (ou Panaf) est l'une des plus grandes manifestations culturelles d'Afrique et s'est déroulée en 1969 puis 40 ans après en juillet 2009 en Algerie. Au cœur d’un festival resté dans les annales, le film se nourrit d’archives des luttes d’indépendance et d’entretiens avec des représentants de mouvements de libération et d’écrivains africains. William Klein suit les principales étapes du festival qui fut qualifié "d’opéra du tiers-monde" à sa manière particulière : le spectateur est plongé au milieu de l’action dans les rues d'Alger. Époque des indépendances et contexte politique africain était assez mouvementé, de nombreux leaders africains de mouvements de libération dont les Black Panthers des USA étaient présents.

Festival Panafricain d'Alger

1969Film
Eia pour Césaire
10.0

Peu de temps après la disparition d'Aimé Césaire, la réalisatrice revient sur les pas du poète. Le documentaire est ponctué par des extraits de films qu'elle a consacré au "Chantre de la négritude", en particulier Un homme, une terre et Le Masque des mots. Des morceaux choisis, souvent sous forme de conversations, qui permettent de découvrir l'œuvre poétique, l'action politique, l'attachement, et la vision de la négritude de l'ancien maire de Fort-de-France. Sarah Maldoror est aussi allée à la rencontre de proches qui nous font découvrir le quotidien ainsi que certains aspects de Césaire, sa façon d'écrire, souvent sur des petits bouts de papiers. Régulièrement ponctué par les musiques de Max Cilla, le père de la flûte des Mornes, ce film dresse avec beaucoup de simplicité le portrait de celui qu'on appelait souvent "Papa Césaire", un homme profondément attaché à la Martinique, à sa culture et à son peuple.

Eia pour Césaire

2009Film
Aimé Césaire, Un homme une terre
10.0

Portrait d'Aimé Césaire, poète, homme politique et chantre de la négritude, enraciné dans sa terre natale de Martinique, à travers une longue interview par Sarah Maldoror, entrecoupée de quelques scènes présentant Césaire dans sa vie publique sur l'île. Césaire parle de la Martinique du Nord et de sa relation avec sa poésie (Cahier d'un retour au pays natal). Il dit la nécessité de réveiller une culture populaire martiniquaise authentique, et de jeter les assises de la liberté. La réception de Léopold Senghor dans l'île par Césaire est l'occasion pour les deux hommes de discuter de la négritude ; entre des extraits de La Tragédie du roi Christophe, Césaire s'exprime sur la pièce et le personnage de Christophe. La visite d'un chantier des ateliers municipaux montre enfin l'homme politique local, qui dénonce aussi le statut colonial de l'île.

Aimé Césaire, Un homme une terre

1976Film
Mosaïque
9.0

Diffusée de 1977 à 1987 sur FR3, tous les dimanches matin, pendant 1h30, Mosaïque est une émission de variétés avec un plateau où se produisent des groupes de musique des pays d'origine de l'immigration, et qui diffuse des reportages sur ces pays et sur les immigrés qui vivent en France. À sa création, il visait à promouvoir les cultures d’origine des immigrés, mais aussi à mieux les faire connaître au reste de la population. Toutefois, le programme n'a jamais été financé par la télévision publique qui estimait qu'il s'adressait à un public précis et ne s'inscrivait donc pas dans une mission de service public. Elle a reçu le soutien financier du Ministère du Travail, à travers sa subvention à l'Office National pour la Promotion Culturelle des Immigrés, ONPCI (devenu plus tard Information Culture et Immigration, ICEI, en 1977, puis Agence pour le Développement des Relations interculturelles, ADRI). , en 1982).

Mosaïque

1976Film