Acting
Les 17 et 18 octobre 1961, lors d'une manifestation non-violente contre le couvre-feu qui leur était imposé, des dizaines d'Algériens étaient assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de leurs supérieurs. Depuis quarante ans, ce crime a été occulté ; pourtant, ces événements, les plus meurtriers sur le sol de France depuis la deuxième guerre mondiale, ressemblent, par certains aspects, aux heures les plus sombres de la collaboration. Pourquoi cette histoire a-t-elle été dissimulée ? Dans quelles conditions, au nom de quelles raisons, des responsables d'un État démocratique ont-ils caché l'ampleur et la gravité de tels événements ?
Film témoignage sur les événements qui ont eu lieu il y a plus de trente ans avant le tournage de ce film, le 17 octobre 1961, à Paris, pendant la guerre d’Algérie. C’est un travail non seulement sur la vérité historique mais aussi sur la mémoire. Construit essentiellement à partir d’interviews menées auprès de ceux qui ont été mêlés aux événements, avec des séquences d’archives, des photos et des documents radiophoniques de l’époque, notre enquête prouve que près de 200 Algériens ont été tués (noyés, torturés) cette nuit-là et les jours suivants par la police française. Une journée portée disparue s’attache à poser deux questions-clé : comment de tels événements ont-ils pu se dérouler dans la capitale d’une démocratie occidentale il y a à peine trente ans ? Et pourquoi ont-ils, depuis, été passés sous silence ?
Le 17 octobre 1961, en réaction au couvre-feu imposé contre les Français musulmans d’Algérie par le préfet de police de Paris Maurice Papon, la Fédération de France du FLN organise une manifestation pacifique dans les rues de la capitale. La manifestation tourne à la répression sanglante : une violence inouïe, des milliers d’arrestations, des centaines de disparus, des dizaines de morts. Aujourd’hui, on en sait beaucoup sur la violence de cette nuit : au moins 200 Algériens ont été tués, abttus, frappés ou jetés à la Seine ; 11 500 autres ont été arrêtés et souvent torturés. Des centaines enfin ont été renvoyés dans leur pays. Longtemps passée sous silence, la répression a été reconnue grâce au travail de mémoire et aux témoignages.