
Djamel Amrani
Acting
Biographie
Djamel Amrani (جمال العمراني) est né le 29 août 1935 à Sour El Ghozlane. Issu d’une modeste famille de neuf enfants dont il était le benjamin. D’un père exerçant la profession de receveur des P et T et d’une mère n’ayant jamais été scolarisée. Suivant leur père à travers des missions itinérantes, la famille Amrani séjournera dans plusieurs localités, notamment à Cherchell, avant de s’installer définitivement, en 1952, à Alger. Le jeune Djamel y fréquentera l’école communale de Bir Mourad Raïs. Et c’est en usant ses fonds de culotte sur les bancs d’écolier qu’il fera une découverte littéralement littéraire et capitale dans sa vie. La mort du loup, d’Alfred de Vigny, et Les amours de Chopin, de George Sand, qu’il connaissait par cœur, l’inspireront aux premiers jets poétiquement candides. Une passion était éclose. «J’étais déjà poète à la base. Je faisais de la musique. J’étais au conservatoire d’Alger, je jouais du piano à 15 ans. J’étais le seul Algérien à avoir concouru avec la 5e étude de Chopin, la 7e nocturne de Gabriel Foret et puis suivront La Passionata…», se souviendra-t-il. Au lycée Bugeaud, le plus réputé d’Alger, où il avait emmené avec lui ce qu’il appelle des «odelettes» et dont il fera un autodafé car jugées inintéressantes. Sa toute première œuvre fut Le Témoin, en 1960, aux éditions de Minuit. «Ce livre est l’histoire dramatique de ma vie… Je jouais pour la syntaxe quelle qu’elle soit… C’est un jeu avec mon histoire quand j’ai appris à lire et à écrire..», commentera-t-il, la gorge nouée. Après un long séjour à Cuba, de 1962 à 1964, Djamel Amrani officiera à l’état-major, dans le cabinet du président Houari Boumediène, avec Abdelaziz Bouteflika, Medegheri et Chérif Belkacem. «La première fois que j’ai rencontré Bouteflika, il m’a présenté Nelson Mandela…», se rappellera-t-il avec fierté. Il travaillera aussi dans la presse entant que journaliste. Les amis de l’auteur de Témoin et Bivouac des certitudes s’appellent Kateb Yacine, Issiakhem, Jean Sénac, Pablo Neruda, Françoise Sagan, Barbara, Malek Haddad, Mohamed Zinet, Juliette Gréco, Florence Malraux, Jean et Simone Lacouture, Jean-Marie Domnac, ou encore Serge Régiani «Kateb Yacine, qui m’a encouragé, et Jean Sénac ont été des frères immenses pour moi. Je me dois de saluer leur mémoire. Malek Haddad avait été un grand ami… ». André Breton dira de lui : «Djamel Amrani est immense, il est le plus grand poète de l’Algérie…». Auteur d’une trentaine d’œuvres, Djamel Amrani était au service de son prochain, de ses semblables, les humains. Et de sa patrie, l’Algérie. Pour laquelle il a été un battant, un combattant, un résistant, un moudjahid sans démagogie, un «mutilé» de guerre psychologiquement et un enfant prodigue et prodige de la prosodie et autres allitérations à la consonance balistique, créative et lyrique algériennes. Car marqué à vie par la barbarie belliqueuse et coloniale de l’armée française.«J’ai été torturé, incarcéré, ils ont tué mon père, mon frère et mon beau-frère…». Djamel Amrani laisse ce fragment testamentaire d’un poète maudit : «L’être humain, poète meurtri, ne peut pas être finalement guéri d’une histoire. Je n’ai jamais été guéri. Je n’ai jamais eu l’occasion ou la chance de guérir. Ma plaie dans l’âme, on ne la négocie pas. Ma plaie est ouverte. Elle est béante !». Djamel Amrani est décédé le 2 mars 2005.
Connu pour

En mettant fin à la vie de Jean Sénac, le 30 août 1973 à Alger, ses assassins avait cru le réduire à jamais au silence. Ils se sont trompés puisque sa voix est chaque jour un peu plus forte. Témoins de ces engouements : la publication de ses œuvres complètes de ce grand poète, les innombrables colloques et émissions radiophoniques qui lui sont consacrés et enfin la réalisation de films comme "Jean Sénac, le forgeron du soleil". Les témoignages à la fois émouvants et bouleversant de ceux qui l'ont connu, les archives filmiques inédites, la voix généreuse du poète à la radio, la découverte de ses voyages dans les territoires de la poésie et de la politique font de ce film un document précieux sur la vie de Jean Sénac.
Jean Sénac, Le Forgeron Du Soleil

C'est avec l'architecte Jean-Jacques Deluz, que nous visitons Alger, "sa ville" depuis 1960 et qu'il n'a quitté que deux années pendant les pires moments du terrorisme. Au départ de la Casbah, au centre du XIXe siècle, en passant par les cités de Fernand Pouillon et Bab El Oued pour arriver la Cité nouvelle de Maelma qu'il construit aujourd'hui. Regard tendre, mais sans concessions à la fois promenade architecturale et rencontres avec des acteurs de l'art et de la culture : Djamel Allam, le chanteur kabyle, Djamel Amrani, le poète, ami de Jean Sennac, Mohamed Ben Gettaf , dramaturge et directeur du théâtre d'Alger, Souad Delmi-Bourras, jeune designer, Boudjemàa Kareche, directeur de la Cinémathèque algérienne, Amine Kouider, chef d'orchestre, qui relance l'opéra en Algérie, le peintre Malek Salah, et d'autres encore. Un regard sur l'Algérie et les Algériens, loin des clichés de certains médias, le parti pris étant de chercher les signes d'espoir plutôt que le "sang et les larmes".