
Pierre Chaulet
Crew
Biographie
Pierre Chaulet, né le 27 mars 1930 à Alger et mort le 5 octobre 2012 à Montpellier, est un médecin algérien d'origine française, moudjahid (titre officiel de toute personne, algérienne ou étrangère, qui a combattu pendant la Révolution algérienne contre le colonialisme) durant la guerre d'Algérie aux côtés du FLN. Il a effectué des opérations secrètes avec les combattants du FLN sous les ordres de Abane Ramdane. Pierre Chaulet est issu d'une famille dont les grands-parents du côté maternel sont arrivés en Algérie, à Skikda, après avoir été ruinés par la crise du phylloxéra, et du côté paternel à Hussein Dey où son grand-père était Maréchal ferrant. Pierre ne fréquentera pas d’enfants arabes durant toutes sa scolarité puisqu’il a effectué ses études primaires et secondaires dans une école privée jésuite. La prise de conscience du nationalisme algérien durant ses années universitaires a été pour lui l’élément le plus important au regard de son rapport à la guerre d’Algérie. C’est ce qui lui a fait prendre conscience des inégalités sociales et épouser la cause algérienne. Dans le contexte géopolitique international de l’époque, témoignant ainsi de l’évolution du monde colonial il estime que l’insurrection du paeple algérien de 1954 était logique d’un point de vue historique et qu’elle impliquait de choisir son camp (indépendance ou colonialisme). Pierre Chaulet explique aussi cette insurrection par les nombreuses inégalités frappant le peuple algérien (double collège, vote d’un statut spécifique à l’Algérie), la presse et les discours politiques (François Mitterrand et Jacques Chevallier) détournaient et censuraient les causes réelles de l’insurrection. Suite à ses activités politiques, il est arrêté et expulsé du territoire algérien. Il parvient à rejoindre, avec sa femme Claudine, le FLN en Tunisie où il a continué ses activités de résistant en tant que médecin et a écrit dans le journal du FLN, El Moudjahid. Il fait la rencontre de Frantz Fanon à l’hôpital psychiatrique de Blida en 1955. "En février 1955, Abane Ramdane est venu me demander de trouver un psychiatre pour suivre le cas des moudjahidines qui risquaient de parler sous la torture. Et c’est à partir de là que j’ai connu Frantz Fanon, qui a hébergé également des malades à l’hôpital de Blida." Après l'indépendancede l'Algérie, en 1962, Chaulet a rejoint l'hôpital Mustapha Pacha. Il a contribué à l'éradication de la tuberculose en Algérie avec son amie de faculté Jeanine Belkhodja. Claudine Chaulet est quant à elle, devenue professeure de sociologie à l'université d'Alger. Il écrira avec sa femme Claudine de leurs mémoires : "Le Choix de l'Algérie : deux voix, une mémoire", sorti en 2012 aux éditions Barzakh. Pierre Chaulet décède le 5 octobre 2012 à l'âge de 82 ans à Montpellier, rapatrié il sera inhumé à Alger conformément à sa volonté. Sa femme, Claudine décédera le 29 octobre 2015 à Alger à l'âge de 84 ans. La clinique des grands brûlés d’Alger porte le nom de Pierre et Claudine Chaulet en leur hommage.
Connu pour

Dans ce film quatre grands témoins, qui vivent aujourd’hui en Algérie, en tant qu’ Agériens à part entière, nous montrent ce qu’a été réellement cette colonisation si "bénéfique" qu’ils eux ont perçu comme l’oppression d’un peuple par un autre. Trois d’entre eux, que l’on appellerait aujourd’hui "pieds noirs", autrement dit ces Européens à qui la France, puissance occupante, a donné les meilleures terres, prises aux populations autochtones, du travail, et des droits exclusifs, non partagés par l’ensemble de la population, vivaient plutôt bien par rapport à la majorité des "indigènes". Le quatrième, lui se trouvait bien loin de tout cela et vivait en Argentine. Annie Steiner, Felix Colozzi, Pierre Chaulet et Roberto Muniz nous expliquent ce qui les a amené à se solidariser avec le combat des faibles, des humiliés et à risquer leur liberté et leur vie en s’engageant pour libérer l’Algérie.
Ils Ont Rejoint Le Front

"Djazaïrouna", produit par le service cinéma du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA), est un film de montage destiné à informer la communauté internationale à l’ONU en 1959 sur les objectifs poursuivis par les résistants algériens lors de la guerre d'indépendance en Algérie (1954-1962). En 1959, Djamel-Eddine Chanderli , Mohammed Lakdar-Hamina réalisent Djazaïrouna (Notre Algérie) à partir d'images prisent par René Vautier et le docteur Pierre Chaulet. Ce film, complété un peu plus tard et donnera le film "La Voix Du Peuple". Ce documentaire sur l’histoire de l’Algérie à travers un montage d’actualités, retrace les actions politiques et militaires de l’A.L.N, des manifestations de décembre 1960, et l’attaque d’une base fortifiée française à la frontière algéro-tunisienne.