Guy Chapouillié
Directing
Connu pour

Tourné entre 1973 et 1975, L’Olivier a été réalisé par le Groupe cinéma de Vincennes. Ce collectif militant d'enseignants et de cinéastes, formé à l'occasion de ce film, tente par des interviews d'expliquer le problème palestinien. L'Olivier fut l’un des premiers films à tenter de donner corps à ce qui était encore largement ignoré en Occident : l’existence du peuple palestinien et de son combat pour recouvrer ses droits. L’Olivier répond à une inquiétude : le déjà faible soutien de l’opinion publique française à la cause palestinienne diminue à la suite de l’opération de Munich de 1972. Structuré de manière à raconter l’histoire palestinienne et à expliquer l’état de la lutte à l’époque, le film fait appel aux solidarités militantes mondiales et, en particulier, aux engagements politiques européens.
L'Olivier

Au printemps 1972, les paysans de l'ouest de la France se mettent en lutte pour imposer une juste rémunération de leur travail, bloquant les coopératives et firmes laitières, déversant les citernes à lait, manifestant devant les préfectures. C'est ce mouvement qu'ont suivi plusieurs militants apprentis-cinéastes, par ailleurs étudiants au département Cinéma de Paris 8 - Vincennes, et comme tels, munis d'une caméra 16mm Eclair-Coutant, d'un Nagra III et de quelques bobines (120m) de film inversible noir et blanc.
La guerre du lait

Dans les années 1970, les cultures « hors-sol » (c'est-à-dire les élevages industriels de porcs et de veaux) se multiplient, notamment dans le Lot et Garonne. Des contrats iniques sont conclus entre paysans et intégrateurs industriels (PROVIMI, SANDERS) au détriment des travailleurs de la terre qui, supportant toutes les charges, se retrouvent sans salaire ou plutôt avec des dettes comme salaire. Dénonçant cette situation invraisemblable, une petite équipe du département Cinéma (Front Paysan) réalise un film (militant) sur les revendications des éleveurs, film qui, un moment condamné par la censure sera rétabli et diffusé lors des luttes syndicales du Sud Ouest.
Des dettes pour salaire

Le film traite des luttes menées par les petits fermiers (locataires des terres qu’ils cultivent) pour leur maintien sur les fermes que leurs propriétaires veulent reprendre en fin de bail pour s’agrandir, ou pour donner en location à d’autres pour plus de profit. Les syndicalistes du Mouvement « Paysans Travailleurs », parmi lesquels Bernard Lambert, soutiennent ces luttes au nom du droit de la terre à ceux qui la travaillent qui s’oppose au droit de propriété. Dans le monde paysan, les contradictions entre petits et moyens agriculteurs sont fréquentes. Ce film a été beaucoup utilisé par les syndicalistes paysans, tout à la fois pour soutenir des fermiers menacés d’expulsions et pour faire avancer les idées du syndicat « Paysans Travailleurs » dans le monde agricole.
La reprise abusive

En 1975, les viticulteurs du Languedoc-Roussillon s’affrontent aux firmes et négociants viticoles qui ne leur paient pas leur vin à un juste prix et qui importent du vin étranger (italien principalement) de mauvaise qualité et moins cher que le vin français, entraînant pour les viticulteurs une paupérisation due à la mévente de leur production. Organisés par des syndicalistes du MIVOC (Mouvement d'Intervention des Viticulteurs Occitans), avec à leur tête Jean Huillet, les viticulteurs mènent, de nuit, des opérations commando pour vider les camions citernes de vin d'importation. Le film est utilisé par les syndicalistes pour populariser leurs analyses de la situation auprès des viticulteurs.
N'i a pro

Dans un monde épuisé par l'agriculture industrielle, Guy Chapouillié a rencontré des paysans heureux, dans la différence et la diversité de leurs paroles, de leurs gestes et de leurs sites, mais très proches par le commun de leur engagement : faire autrement pour prendre soin de la terre, pour prendre soin de soi et des autres. Il s'agit d'une rupture avec le productivisme dévastateur loin de contraindre la nature mais de vivre avec, sans l'épuiser. C'est un nouveau chant de la terre, une symphonie du vivant.