
Jean-Pierre Frésafond
Acting
Biographie
Jean-Pierre Frésafond, né en 1936 à Montfavet dans le Vaucluse, découvre l’alpinisme après son retour de la guerre d’Algérie. Il débute sa carrière d’alpiniste à 25 ans, après avoir quitté l’exploitation agricole familiale pour devenir représentant industriel. Dès ses premières années, il se distingue sur des itinéraires majeurs comme l’éperon Walker aux Grandes Jorasses et les Tre Cime di Lavaredo dans les Dolomites. En 1967, il rejoint le Groupe de Haute Montagne (GHM), ce qui lui ouvre les portes des expéditions internationales : il grimpe dans le Caucase iranien, l’Hindou Kouch, les Andes, et participe en 1972 à une expédition sur le Gurja Himal au Népal. Il marque l’histoire de l’alpinisme français en 1975 en dirigeant l’expédition lyonnaise qui réussit la deuxième ascension du Gasherbrum II (8 035 m), premier sommet de plus de 8 000 mètres pour une équipe lyonnaise. Malgré la disparition de Bernard Villaret durant l’expédition, Yannick Seigneur et Marc Batard ouvrent l’arête sud et atteignent le sommet sous sa direction. Frésafond relate cette aventure dans son ouvrage Expédition au Gasherbrum 2, Lyon premier 8000 (1977). En 1979, il conduit une nouvelle expédition nationale au Nanga Parbat, s’arrêtant à 7 000 mètres sur l’arête Mazenod, expérience qu’il racontera dans La revanche de l’Himalaya (1980). Il devient président du GHM en 1984 et organise l’année suivante une expédition au K2. Il occupe également la présidence de la section lyonnaise du Club Alpin Français et siège au comité de direction de la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME), s’impliquant pendant une décennie dans les instances dirigeantes de l’alpinisme français. Jean-Pierre Frésafond a écrit plusieurs livres principalement centrés sur ses expéditions en haute montagne et ses réflexions spirituelles. Parmi ses ouvrages les plus connus figurent : Expédition Au Gasherbrum II, Lyon premier 8000 (1966), récit de l’expédition marquante au Gasherbrum II qui fut à la fois tragique et victorieuse. La Revanche Re l’Himalaya (1980), qui relate son expérience lors de l’expédition au Nanga Parbat. Il a également publié des ouvrages sur des sujets plus spirituels, notamment autour du Père jésuite Teilhard de Chardin, dont il a créé une association à Lyon et dont il a assuré la présidence jusqu’en 2015 : L'Abbe N'Avait Pas Le Droit De Parler Comme Cela... préfacé par Yves Peysson (2000). L'Abbe N'Avait Pas Le Droit De Parler Comme Cela... Teilhard De Chardin À La Rencontre Des Non-Croyants (2007 ). L'Islam Expliquée Aux Autres Fidèles, préfacé par Dalil Boubakeur (2015). Ces titres illustrent son double engagement d’alpiniste et de penseur, mêlant aventures himalayennes, questionnements philosophiques, éthiques et humanistes. Jean-Pierre Frésafond était aussi reconnu pour sa générosité et sa capacité à donner leur chance à de jeunes alpinistes, comme Marc Batard. Il est décédé le 4 mai 2023 à l’âge de 87 ans, laissant l’image d'un grand organisateur d’expéditions, d’un himalayiste figure majeure de l’alpinisme lyonnais et français, et d’un auteur engagé.
Connu pour

L'Expédition "Lyon Premier 8000-Gasherbrum II 8035m" organisée et menée par Jean-Pierre Frésafond en 1975, fut patronnée par la section lyonnaise du Club Alpin Français et par Louis Pradel, maire de Lyon. Le film retrace le départ de Lyon des camions poids lourds Berliet chargés de matériel, la vie quotidienne au Pakistan, la préparation de l'expédition et la marche d'approche avec les porteurs, la vie quotidienne au camp de base et dans les camps d'altitude des membres de l'expédition : L. Audoubert, Marc Batard, F. Bourbousson, A. Chariglione, J. Dupraz, J.J. Forrat, H. et JP. Frésafond, B. Macho, Docteur A. Raymond, Y. Seigneur, J. Soubis, F. Valençot, B. Villaret de Chauvignypuis. Enfin Le 18 juin 1975, Yannick Seigneur et Marc Batard atteignent le sommet en ouvrant une voie le long de l'arête sud. Bernard Villaret de Chauvigny, qui se tue lors du deuxième assaut, est la première victime du Gasherbrum.
Lyon Premier 8000, Au Gasherbrum II - 8035m

Film sur l'expédition de 1979 au Nanga-Parbat au Pakistan, dirigée par le lyonnais Jean-Pierre Frésafond. Après un tour de ville, départ en bus puis à pied avec des sherpas jusqu'au camp de base. Partie pour tenter le pilier de Rupal, l'expédition fut dans l’impossibilité matérielle de rejoindre à temps son objectif (pluies torrentielles, routes coupés, éboulis...) et perdit un temps précieux avant de choisir par défaut de tenter l’arête Mazeno. L’équipe en avait théoriquement les moyens, puisqu’elle rassemblait pas moins de 21 forts grimpeurs, autour d’un important noyau lyonnais – on avait rarement vu pareille concentration de talents. Mais la dynamique de groupe qui en résulta fonctionna à l’inverse des attentes, et il fallut se contenter du plus modeste des lots de consolation, l’ascension de la première Pointe (6880 mètres). Frésafond a conté cela dans un livre-témoignage "La Revanche De l'Himalaya - L'Aventure Humaine Au Nanga-Parbat" paru en 1980.
Ascension au Nanga-Parbat

Ce film - sans commentaire et simplement accompagné de musiques locales - relate l'ascension en 1969 de la face Nord du Kohe Shakhawr, sommet de l'Himalaya situé à la frontière de l'Afghanistan par les alpinistes Benoît Mathieu, Jacques Soubis, René Thomas, Jean-Paul Paris, Isabelle Agresti, Henri Agresti, Roger Dietz, Jean-Pierre Frésafond, Paul Gendre, Claude Jager et Félix Magnin. Il y'a, comme souvent dans les films de Henri Agresti, la rencontre avec d'autres peuples, d'autres cultures, longuement documentée en introduction. C'est ensuite, après l'interminable approche, le début de l'ascension : répartition des camps, assauts successifs sur la montagne, marche dans des pierriers abruptes et des pentes enneigées, escalade sur des parois glacées... L'arrivée au sommet, sans l'aide d'appareils à oxygène, semble se dérouler au ralenti : l'épuisement se mêle à la joie des alpinistes victorieux qui fêteront leur réussite de retour au camp de base le 24 août 1969.