Myriam Elhadad
Directing
Connu pour

Des documentaires, des films aux points de vue affirmés et des débats pour raconter la société française et le monde d'aujourd'hui, ses fractures et ses combats, pour décrypter la nouvelle donne géopolitique et les enjeux de la mondialisation.
Le Monde En Face

À l'hiver 2023-2024, le Nord et le Pas-de-Calais ont été frappés par des inondations d'une violence exceptionnelle, après des semaines de pluies torrentielles. A deux reprises, c'est toute une région qui a ainsi été engloutie, provoquant un émoi national. Au total, plus de six mille habitations ont été dévastées et près de mille personnes ont dû être relogées. Des réfugiés climatiques d'un nouveau genre en France. Du jamais vu, qui est en partie la conséquence d'une topographie très particulière, peu connue du grand public. Le triangle entre Saint-Omer, Calais et Dunkerque est en effet un polder, comme on en trouve aux Pays-Bas. Habitants et maraîchers sinistrés s'interrogent : comment imaginer le futur quand sa maison, son champ, sont constamment menacés par les eaux ?
Inondations dans le Pas-de-Calais, premiers refugiés climatiques ?

Le 22 septembre 1992, une terrible crue dévaste Vaison-la-Romaine et ses alentours. Bilan : une quarantaine de morts. Une catastrophe dont les images sont restées gravées dans la mémoire collective nationale : notamment celle de voitures emportées par l'Ouvèze et s'encastrant sous le pont romain ; ou celle de gens réfugiés sur le toit de leur maison. Avec des témoins du drame et grâce à des images amateurs inédites, ce film fait le récit de cette tragédie et de l'onde de choc qui a suivi, provoquant un tournant majeur dans le rapport des Français aux catastrophes naturelles. En trente ans, le Vaucluse, et plus largement, la France, ont tiré les leçons de la catastrophe, avec une remise en cause globale de la façon d'aborder les politiques de prévention des inondations.
Vaison-la-Romaine, mémoire d'une crue

Autrefois considérées comme un moteur pour la croissance économique, les zones pavillonnaires incarnaient le rêve pour les classes moyennes des années 60 alors en pleine expansion. Ce modèle devait apporter une solution aux problèmes des grands ensembles, à l'engorgement des villes et à la désertification des campagnes. Mais le passage de la crise en a fait un véritable cauchemar pour ceux qui y habitent. Les coûts individuels et collectifs de ces zones périurbaines sont devenus exorbitants et leur impact sur l'environnement est désastreux. Leurs résidents vivent aujourd'hui sur le fil entre résignation et révolte.
Rêve pavillonnaire, les dessous d'un modèle

Aujourd'hui encore, 60% des foyers choisissent une volaille pour célébrer les fêtes de Noël. Chaque fin d'année, trois millions de grosses pièces de volaille dite "fine" sont ainsi vendues en quelques jours. Parmi elles, des animaux d'exception, élevés dans les terroirs les plus prestigieux, et qui assurent le rayonnement du patrimoine gastronomique français dans le monde entier. Pour des budgets plus réduits, des plats tout préparés sont vendus en grande surface : des plats à base de volailles, aux conditions d'élevage beaucoup plus douteuses. Depuis quelques années, éleveurs et fabricants rivalisent d'imagination et multiplient les innovations pour attirer toujours plus de clients : mini-chapons, chapons de pintade, plats à réchauffer dignes de grands restaurants.