
René Vautier
Directing
Biographie
René Vautier, né le 15 janvier 1928 à Camaret-sur-Mer (Finistère) et mort le 4 janvier 2015 à Cancale (Ille-et-Vilaine), est un réalisateur et scénariste français, communiste et anticolonialiste, particulièrement connu par son film Avoir vingt ans dans les Aurès. Né d’un père ouvrier d’usine et d’une mère institutrice, René Vautier mène sa première activité militante au sein de la Résistance en Bretagne en 1943, alors qu’il est âgé de quinze ans, ce qui lui vaut plusieurs décorations. Il est décoré de la Croix de guerre à seize ans, responsable du groupe « jeunes » du clan René Madec, cité à l’ordre de la Nation par le général Charles de Gaulle pour faits de Résistance (1944). René Vautier s'engage dans le maquis en France puis passe le concours de l'IDHEC sous l'impulsion de ses camarades de combat. Dès lors, ce farouche partisan du Parti communiste ne cessera jamais, caméra au poing, de militer en Algérie, en Afrique ou en Bretagne afin de dénoncer les contradictions des systèmes en place. S'il s'est exprimé sur les luttes sociales en France (Quand tu disais Valery), la condition féminine (Quand les Femmes ont pris la colere) ou l'Afrique (Afrique 50), René Vautier est surtout connu pour son engagement contre les exactions de l'armée française durant la Guerre d'Algérie. Ainsi, Avoir 20 ans dans les Aurès représente l'une de ses oeuvres majeures. Son travail, précise le HUFFINGTON POST arabe fait aujourd'hui partie du patrimoine historique de l'Algérie, où il est considéré comme un Moudjahid, comprenez un combattant de l'indépendance. Cinéaste rebelle et prolifique, René Vautier aura connu les foudres de la censure à de nombreuses reprises. Des emprisonnements, des grèves de la faim, mais également de nombreux prix auront régulièrement émaillé le parcours de cet artiste militant atypique.
Connu pour

Aucune description disponible.
Всё впереди

Ce sont les premières images tournées dans les maquis de l'ALN, caméra au poing, à la fin de l'année 1956 et en 1957. Ces images de guerre prises dans les Aurès-Nementchas sont destinées à être la base d'un dialogue entre français et algériens pour la paix en Algérie, en montrant l'existence d'une organisation armée proche du peuple. Trois versions d'Algérie en flammes sont réalisées : française, allemande et arabe. Dès la fin du montage, le film circule sans aucune coupure à travers le monde, excepté en France où la première projection a lieu en Sorbonne occupée en 1968. Certaines images du film ont circulé et se retrouvent dans des films, notamment des films algériens. À cause de l’émoi provoqué par ce film, il est obligé de passer dans la clandestinité pendant 25 mois. Après la déclaration d’indépendance, il fonde le premier Centre Audiovisuel Algérien.
Algérie en flammes

Le Vent des Aurès – premier road movie du cinéma algérien – décrit les des transformations du quotidien du peuple algérien durant la destructrice occupation française, puis lors de la guerre de libération. Alors que la répression militaire bat son plein, une paysanne se retrouve seule dans sa maison à la montagne lorsque son fils unique est enlevé par des soldats français peu après la mort de son mari lors d'un raid. Un jour, voyant un poulet mort, ce qu'elle considère comme de mauvais augure, elle décide de quitter la maison et se lance dans un pénible voyage à travers les montagnes. Accompagnée d'un couple de poules, elle se déplace d'un camp de détention à l'autre dans une recherche désespérée de son fils disparu. Le film s'inspire des événements vécus par la famille du réalisateur.
Le Vent des Aurès

Un travailleur algérien au chômage quitte Paris en auto-stop. Il se retrouve bientôt en Bretagne et, séduit par la beauté des ajoncs sauvages, s'établit finalement en marchands d'ajoncs. Mais il a, pour des problèmes de stationnement de sa petite carriole, une rugueuse explication avec un agent de la force publique. L'heureuse intervention d'ouvrières d'usines, la gentillesse empressée que celles-ci lui témoignent, le sauvera du désespoir. Ce film fait partie d'une trilogie "Eux Et Nous" avec les films "Les 3 Cousins" et "Techniquement Si Simple ".
Les Ajoncs

En avril 1961, dans le massif de l'Aurès en Algérie, un commando de chasse, formé d'appelés bretons, affronte un groupe de l'Armée de libération nationale : il fait un prisonnier algérien. Le soldat français blessé au cours de l'accrochage, instituteur dans le civil, se rappelle les événements qu'il a vécus avec ses camarades au cours des derniers mois : leur opposition à la guerre en Algérie les a conduits dans un camp réservé aux insoumis ; il se remémore la façon dont leur chef a su les transformer, de jeunes Bretons antimilitaristes qu’ils étaient, en redoutables chasseurs de fellaghas, prêts à tuer et y prenant goût. Tous, sauf lui, cèdent progressivement à l'escalade de la violence. Le film a obtenu le Prix de la critique internationale au Festival de Cannes 1972.
Avoir vingt ans dans les Aurès

Film dialogue où René Vautier s'interroge sur son incapacité à dénoncer un fait-divers raciste dont il est témoin entre un Algérien et un policier parisien. Ce court métrage fait partie intégrante de "La folle de Toujane", mais René Vautier en écrit le scénario dès 1956. Miroir de l'attitude de nombreux cinéastes français qui s’autocensurent dans les années 1960 et 1970, "Le Remords" montre comment un réalisateur justifie le choix de se taire sur les problèmes des immigrés algériens. René Vautier joue lui-même le rôle ingrat du réalisateur parce qu’il ne trouve pas d’acteur qui accepte de le jouer. En 1974, Vautier reçoit un hommage spécial du Jury du Film Antiraciste pour l'ensemble de son œuvre, remis par Albert Lévy, secrétaire général du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP).
Le Remords

Au moment de l’indépendance, les propriétaires de gros bateaux décident de vendre, alors que beaucoup de petits pêcheurs se retrouvent bientôt sans travail. Leurs femmes décident alors de mettre en commun leurs anneaux d’or pour les vendre et ainsi racheter des bateaux. Le carton qui ouvre le film rend ainsi hommage aux femmes de Mahdia, ville côtière tunisienne, qui ont contribué à l’essor de l’économie nationale, grâce à l’hypothèque de leurs bijoux et la fondation de la Mutuelle de la Conservation du Poisson. Il rend hommage plus largement à la femme tunisienne, « active et émancipée ». La réalisation du film est portée au crédit de Mustapha Fersi (Alfarissi) afin qu’il puisse concourir comme film tunisien au Festival de Berlin-Ouest 1958, où il remporte l’Ours d’Argent.
Les Anneaux d'Or

Au début des années 60, à Salisbury (actuelle Harare), en Rhodésie du Sud (actuel Zimbabwe), le gouvernement de Ian Smith pend trois révolutionnaires noirs qui avaient pourtant été graciés par la reine d’Angleterre. René Vautier, avec le ZAPU (Zimbabwe African Party for Unity), dénonce cette mise à mort. Expulsé par la police rhodésienne (renseignée par les services secrets français), le cinéaste tourne en Algérie un film en forme de réquisitoire contre la sauvagerie coloniale. Le film est d’abord interdit en France, puis autorisé en 1965.
Le Glas

Afrique 50 est le premier film anticolonialiste français. À l’origine, il s’agit d’une commande de la Ligue française de l’enseignement destinée à montrer aux élèves la mission éducative menée dans les colonies françaises d’Afrique de l’Ouest. Mais, sur place, le réalisateur, âgé de 21 ans seulement, décide de témoigner de la réalité : le manque de professeurs et de médecins, les crimes commis par l’armée française au nom du peuple français, l’instrumentalisation des populations colonisées…
Afrique 50

En 1962, René Vautier monte avec des amis algériens un centre de formation audiovisuelle pour promouvoir un « dialogue en images » entre les deux camps. De cette expérience est réalisé un film, partiellement détruit par la police française. Les images qu’ils ont pu sauver constituent un document historique rare : elles retracent la guerre d’Algérie, racontent l’histoire de l’ALN (Armée de libération nationale) et montrent la vie dans l’après-guerre, notamment la reconstruction dans les villes et les campagnes après l’indépendance.
Un Peuple en Marche

Film pamphlet. Réquisitoire anticolonialiste sur l’histoire de l’Afrique. Dans une capitale colonisée, des étudiants de disciplines diverses mettent en scène les propos des conteurs populaires et s’aperçoivent qu'ils sont plus réalistes que les programmes universitaires. Après l’Indépendance, un groupe de jeunes Algériens cherchent dans les livres, les musées, le passé des peuples colonisés de l’Afrique et de l’Asie. Le Centre National du Cinéma Algérien qui vient d’être créé en 1963 va permettre la mise en chantier de ce film. Œuvre ambitieuse, elle était l’hommage de l’Algérie libérée à tous ceux qui luttent contre le colonialisme et l’oppression. Dans la grande tradition des films de montage, ce film est soutenu par un commentaire écrit dans une langue admirable. Tout le souffle épique et tout l’enthousiasme provoqué par l’indépendance de l’Algérie est contenu dans les mots et les images de ce film.
L'Aube des Damnés

Créé dans la seconde moitié des années 90, l'association de cinéma expérimental l'Etna connaîtra la transition du cinéma argentique au numérique. Son local, en plein Paris, ne résistera pas à la gentrification.
Une certaine histoire du cinéma expérimental français

"Djazaïrouna", produit par le service cinéma du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA), est un film de montage destiné à informer la communauté internationale à l’ONU en 1959 sur les objectifs poursuivis par les résistants algériens lors de la guerre d'indépendance en Algérie (1954-1962). En 1959, Djamel-Eddine Chanderli , Mohammed Lakdar-Hamina réalisent Djazaïrouna (Notre Algérie) à partir d'images prisent par René Vautier et le docteur Pierre Chaulet. Ce film, complété un peu plus tard et donnera le film "La Voix Du Peuple". Ce documentaire sur l’histoire de l’Algérie à travers un montage d’actualités, retrace les actions politiques et militaires de l’A.L.N, des manifestations de décembre 1960, et l’attaque d’une base fortifiée française à la frontière algéro-tunisienne.
Notre Algérie

Rescapés de la guerre d'Algérie et réfugiés dans des camps tunisiens, des enfants algériens témoignent, à partir de dessins qu'ils ont eux-mêmes réalisés, des événements tragiques qu'ils ont vécus. Projeté clandestinement, saisi dix-sept fois et censuré pendant douze ans, un film majeur sur la guerre d'Algérie.
J'ai Huit Ans

Longue quête d’un réalisateur spécialisé dans les films de commande, qui après une dépression redécouvre ses proches, son quartier la Casbah, lui-même. Pris en main, quelques temps, par son voisin islamiste, c’est surtout la rencontre avec un vieux projectionniste lui restituant une histoire censurée du cinéma et de l’Algérie, qui l’aide à muer, et à accepter ses propres fantasmes, incarnés par Marilyn Monroe et l’Andalouse.
Lumières

Documentaire monté à partir de témoignages sur la torture de personnes ayant vécu la guerre. Certains témoins ont été torturées par Jean-Marie Le Pen. Ces témoignages vont aider à défendre en justice le journal Le Canard Enchaîné en procès contre Jean-Marie Le Pen pour diffamation. Le film est projeté en 1985 lors du procès et certains témoins sont également venus soutenir le journal. Mais la loi d’amnistie de 1963 protège l’homme politique, interdisant l’utilisation d’images pouvant nuire à des personnes ayant servi pendant la guerre d’Algérie.
À Propos De... L'autre Détail

Portrait de la collection "Les Cinéastes Algériens", réalisés par Linda Tahir-Meriau, consacré à Mohamed Chouikh, né en 1943 à Mostaganem, acteur et réalisateur algérien. En 1965, il joue dans l'une des premières grandes réalisations algériennes, "L'Aube des Damnés" de René Vautier et Ahmed Rachedi. En 1966, il joue dans le "Vent des Aurès" de Mohammed Lakhdar-Hamina. Le film reçoit le prix de première oeuvre à Cannes. Jusqu'en 1970, Mohamed Chouikh se consacre essentiellement à sa carrière d'acteur au théâtre et au cinéma. C'est le film de Michel Drach, "Elise Ou La Vraie Vie" d'après le roman de Claire Etcherelli qui le révèle au public français. Dans les années 70, il devient réalisateur pour la télévision algérienne. En 1989, il réalise "La Citatelle", sélectionné dans plus de 70 festivals internationaux et remporte une vingtaine de prix.
Mohamed Chouikh, Algérie mon Amour

2039... Une troisième guerre mondiale sur tous les continents … Isolé dans un vieil immeuble avec sa compagne, un jeune homme refuse de gagner un abri durant une alerte. Il rejette toute conscience historique. Mais des circonstances tragiques vont en décider autrement. Première journée : EN - DEÇÀ DU VENT. Deuxième journée : LE COMBAT VERTICAL. Troisième journée : LE COMBAT HORIZONTAL. 2045. Quatrième journée : AU-DELÀ DU VENT.
Quatre Journées D'Un Partisan

Les Trois Cousins est une comédie-dramatique de René Vautier sortie en 1970 sur les conditions de vie de trois cousins immigrés algériens à la recherche d'un travail à Paris. Logés dans un étroit cabanon de chantier, le poêle à charbon provoquera leur asphyxie. Les Trois Cousins remporta l'Award du meilleur film pour les Droits de l'Homme à Strasbourg en 1970.
Les Trois Cousins

Ce film documentaire a voulu rétablir la vérité sur un certains nombre d’évènements historiques, qui sont soit escamotés du récit que la France a fait de la colonisation de l’Algérie, soit relatés mais à travers encore une fois le regard triomphant du colonisateur. Il s’agit de témoignages rares de personnalités connues, comme l’écrivain Kateb Yacine, ou de simples algériens qui s’expriment sur l’histoire commune de l’Algérie et de la France du temps de la colonisation. Du commencement avec le coup de l’éventail, en passant par les tristes évènements du 8 mai 1945, et du comment, Kateb Yacine juge l’œuvre du prix Nobel de littérature Albert Camus, jusqu’à l’Algérie post-indépendance, Déjà le sang de Mai ensemençait Novembre est une charge qui tord le cou à plusieurs idées reçues.