Claire Feinstein
Writing
Connu pour

Classée numéro un des meilleurs systèmes de santé au monde en 2000 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la France laisse désormais une partie de ses concitoyens sans accès aux soins. Comment en est-on arrivé là ? Comment sortir de ce marasme ? Comment et par qui le principe qui prévalait lors de la fondation de la Sécurité sociale en 1945 – assurer l’égalité de toutes et tous face à la maladie et à la mort – a t-il été dévoyé ?
Nous soignants
Ils y ont crû : un président de gauche devait forcément les protéger. La désillusion est terrible. Dès 1983, la fermeture des Hauts-Fourneaux, les restructurations dans l’automobile, les délocalisations, l’intérim, le chômage, la précarisation de la vie assomme les ouvriers. Celui qui a un emploi est un chanceux. Pour le conserver, il faut faire profil bas et endurer un rythme toujours plus soutenu. Les ouvriers qui, un temps, avaient espéré accéder aux classes moyennes, se retrouvent une nouvelle fois relégués en bas de l’échelle. La fierté d’appartenance à une classe laborieuse a disparu avec cet espoir déçu. Désormais, on ne se dit plus « ouvrier ». On préfère le nom d’ «opérateur» ou de «technicien». Sept millions de travailleurs sont ainsi «ouvriers » sans vraiment le savoir eux-mêmes.
Nous, ouvriers : «Nos cœurs battent encore » (1983 à nos jours)

Après celui des hauts dignitaires nazis s’ouvrait à Nuremberg, le 9 décembre 1946, sous l’autorité des Américains, un deuxième procès dans lequel comparaissaient vingt-trois médecins, infirmiers et administratifs accusés entre autres de crime contre l’humanité. Ce procès, Michel Cymes l’a choisi comme fil rouge et cadre visuel d’Hippocrate aux enfers : un documentaire qui reprend, pour l’essentiel, le propos de son ouvrage publié chez Stock en 2015, dans lequel il tentait de comprendre, à travers leur parcours, comment des praticiens et hommes de science avaient, en conscience, bafoué le fameux serment.