Directing
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Un film de Gaël Badaud.
Chronique intime de gens et de lieux que le cinéaste apprécie, qui propose un nouveau regard: celui de l'innocence.
«ANGLE, avec ses brefs plans noir et blanc, presque toujours en plongée et en oblique, de corps ou de partie de corps nus, est un film de la brisure. Des ponctuations d'amorce noire morcellent la continuité filmique, isolant des sortes d'instantanés ou de brefs mouvements furtifs: roulement du corps sur lui-même, heurt contre l'autre ou chute (ces chutes terribles, à pic comme un évanouissement, comme celle du héros du Chien andalou, dont la main en tombant effleure un moment le dos nu d'une belle insensible et qui est, me semble-t-il, la plus saisissante représentation qu'on puisse donner du lien de la passion amoureuse et de la mort). Souvent, ces mouvements sont répétés et les acteurs semblent alors les descendants des bonshommes de Muybridge égarés dans une pièce blanche. A la fin - c'est le plus long plan du film - dans un angle de la pièce, un des deux acteurs reste accroupi, se cachant les yeux dans les mains. Puis l'angle réapparaît, vide.» Dominique Noguez.
Le propos du film est de dépasser la notion du corps en tant que système de fonctions, symptomes et réflexes qui essayent de délimiter la totalité du corps. Le corps, ici représenté avec toutes ses normes, confronté à lui-même dans un espace dépourvu de références causales, s'achemine à l'abolition de son image et au jaillissement de sa source intérieure: c'est le noyau lumineux du corps humain.
Cinématon est une série cinématographique de portraits filmés montrant une personnalité des arts, de la culture ou du spectacle, en un seul gros plan fixe et muet de 3 minutes et demie, dans lesquels elle est libre de faire ce qu'elle veut.
La construction du film décalque les paliers successifs d'une démarche qui, au fur et à mesure, nous révèle les différentes étapes de sa présentation: la lune, la rose, l'enfant, la bougie, la tête de mort, s'enchassent dans un tableau unique qui délivre leur sens intérieur. Eléments reliés par la voie du film pour déboucher sur l'image finale: celle où le sens devient extérieur.
Liberté Provisoire s'inscrit dans cette direction qui va du quotidien - une ballade dans le quartier de Belleville et dans celui de Ménilmontant qui débouche au cimetière du Père Lachaise sur le tombe de Piaf et Sarapo - à un autre niveau où la quotidienneté atteint une transformation de sens.