
Djelloul Bachdjarah
Acting
Biographie
Djelloul Bachdjarah (en arabe : جلول باش جراح) né en 1908 à Alger, mort le 29 mars 1971 à Alger ; homme de théâtre et acteur de cinéma, partisan et animateur d’un théâtre de combat. Son nom (souvent orthographié Djelloul Bach-Djera ou Djelloul Bachdjerrah), contient le préfixe « bach » qui indique une fonction - Djelloul Bachdjarah appartient à une famille de l’ancien beylik d’Alger, la caste militaire dite ottomane, un de ses ancêtres servait l’armée de l’empire ottoman en tant que médecin chirurgien (djerrah ). À l’âge de seize ans, il déserte l’armée française dans laquelle il vient d’être enrôlé, à la suite d’une campagne de recrutement forcé menée par la gendarmerie. Emprisonné, il est libéré quelques mois après. Vers 1924, le jeune Djelloul fréquente les réunions de La Fraternité algérienne, l’association lancée par l’Émir Khaled et bien souvent animée par des militants communistes. C’est là qu’il aurait entendu un appel à la création « d’un théâtre algérien de combat ». En tout cas, c’est à cette époque à travers des représentations itinérantes, que s’affirment contre la domination culturelle coloniale, trois grandes figures de théâtre algérien : Ali Sellali dit Allalou, Mahieddine Bachtarzi et Rachid Ksentini ; pour eux, la production théâtrale a une fonction d’éveil et de sensibilisation politique. Le vecteur est l’arabe populaire dialectal. Une telle conception marquera plus tard la pratique de Kateb Yacine et de Abdelkader Alloula. L’administration coloniale voit là, une fabrique d’agitateurs. Djelloul Bachdjarah en est un. Une expérience dans la chanson fantaisiste et sa passion le poussent à intégrer la troupe, formée par Rachid Ksentini, El Hilal el Djazairi(le Croissant algérien) dont il devient le pivot. Les deux hommes font l’objet d’une surveillance policière particulière et la censure frappe jusque dans une tournée à Biskra, les pièces représentées. Rachid Ksentini et Djelloul Bachdjarah se séparent à la suite d’un différend professionnel ; Bachdjarah qui reste acteur, continue à subir les harcèlements de l’administration coloniale ; il est emprisonné à plusieurs reprises. S’étant évadé, il s’embarque sur un quatre-mats anglais et exerce plusieurs métiers outre celui de marin. Profitant d’une escale en France, il gagne Paris où il aurait quelque temps travaillé en usine. Passé au cinéma, Djelloul Bachdjarah joue dans plusieurs films. En 1956, on le retrouve comme professeur de diction au conservatoire d’Alger. Après 1962, il collabore très activement aux premiers films de l’Algérie indépendante : "La Nuit a Peur du Soleil" et "Opium Et Le Bâton". Mais le cœur n’y est plus. Djelloul Bachdjarah vient de perdre son fils El Hadi, assassiné par l’armée française quelques heures avant le cessez-le-feu du 19 mars 1962. Djelloul Bachdjarah décède le 29 mars 1971, il est inhumé au cimetière Sidi M’hamed à Alger.
Connu pour

Film historique en quatre tableaux qui retrace les antécédents, le déroulement et l’aboutissement de la guerre de libération en Algérie. Le premier tableau, « La terre avait soif » décrit les aspects de l’injustice et de l’oppression coloniale. Le deuxième « Les chemins de la prison » raconte les souffrances du peuple engagé dans le combat. Les deux derniers sont les récits de deux vies.
La Nuit a Peur du Soleil

Cette histoire en marge de la guerre d’Algérie pourrait être un conte oriental. Le « Rossignol de Kabylie » est le surnom donné au vieil Ahieddine, un poète qui vit dans un village de la montagne. Ahieddine reçoit la visite d’un jeune officier français. Que lui veut-il ? Des renseignements sans doute. Le lieutenant qui a naguère étudié la langue kabyle ne veut que rendre visite à un poète qu'il admire, lui parler et entendre de sa bouche un poème. Pareille visite sera difficile à justifier auprès des hommes du maquis. Le soir même, on vient chercher Ahieddine pour le faire comparer devant un tribunal de maquisards. Il est condamné à mort pour trahison. A-t-il un désir avant de mourir ? Oui, composer un dernier poème, le poème de sa mort. Il improvise un poème, les hommes l'écoutent, l'émotion les gagne à travers ces mots de leur propre langue qui expriment la poésie de leur peuple. Ils gracient le vieil Ahieddine et lui rendent sa liberté.
Le Rossignol de Kabylie

En 1950, en Algérie, dans un village de Kabylie, des maquisards algériens résistent contre l'armée d'occupation française. Bachir rentre au village pour fuir les affrontements qui ravagent Alger. À Thala, il a deux frères, Ali et Belaïd. Le premier est engagé avec l’ALN (Armée de Libération Nationale) et se bat contre le colonisateur. Son deuxième frère, Belaïd, l’ainé, est quant à lui persuadé d'une Algérie française. Sa famille déchirée, Bachir décide, lui, de s’engager dans la guerre et prend parti pour contre la répression de l’armée française. L’armée française essaie en vain de retourner la population contre les insurgés en usant de désinformations. Plus le temps passe et plus les habitants du village et des alentours, oppressés, rallient la cause du FLN, leurs maisons et leurs champs seront brulés…