Jean Harlez
Production
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Dans les rues étriquées des Marolles, grouillent des gosses. Leur refuge, leur coin de paradis et d’illusions est un terrain vague encombré de bidons et de buissons rachitiques. Un beau jour arrivent des hommes en chapeau mou et d’autres en salopettes qui examinent les lieux, déploient des papiers… Pour les enfants, ça ne sent pas bon. En effet, le terrain est bientôt barricadé, éventré par des machines, tandis que des maisons alentour sont abattues. Le marteau-pilon fait frissonner tout le quartier et lentement s’élèvent de grands murs de briques. Les gosses, rejetés à la rue, sont atterrés de voir ainsi volée leur part de ciel. Doucement, leur stupeur se transforme en révolte : ils se choisissent un chef, fabriquent des catapultes avec les bretelles de leurs parents et décident de livrer une guerre sans merci aux entrepreneurs et architectes…
Le chantier des gosses

Suivant la dernière tournée du marchand de coco (la "limonade du prolétaire", à base de réglisse, de plantes et de citron), déambulant avec sa belle fontaine sur le dos, ce document précieux tourné par Jean Harlez parallèlement au tournage du "Chantier des gosses", s’attache à montrer les petits métiers de rue dans les Marolles, pour la plupart disparus aujourd’hui.
Les gens du quartier
Des conditions climatiques exécrables obligeront notre intrépide cinéaste à réaliser ce projet en deux temps. En 1963, avec son assistant André Van Ghendt, il ne parvient pas à atteindre le glacier du Rink. En 1964, assisté par sa femme Marcelle Dumont qui en rapportera un carnet de voyage passionnant, la météo au glacier de Jakobshavn (Ilulissat en groenlandais) perturbera le tournage. Ce beau film didactique sera finalement primé à Moscou et fort apprécié aux Pays-Bas.
Ilulissat, iceberg et glacier Groenlandais
Ce quatrième et dernier voyage débute dans l’Est du Groenland, où les traditions inuits sont encore préservées, alors qu’à l’Ouest, la modernité gagne du terrain. Jean Harlez, accompagné de Marcelle Dumont, se rend dans le village de Sermiligak, nécessitant un voyage de 80 km en traîneau à chiens. Le résultat est pourvu de véritables résonances anthropologiques : la chasse au phoque, la pêche, les coutumes et la vie quotidienne des Groenlandais étant filmés, enregistrés et narrés avec empathie et authenticité.
Igartalik, la vie Groenlandaise

Début des années 50, Jean Harlez s’occupait de projections pour le Mouvement de Défense Paysanne. C’est là que l’idée de Quand chacun apporte sa part prend forme : la naissance d’une coopérative agricole à Solre-sur-Sambre, permettant à de petits paysans d’acquérir une moissonneuse-batteuse. Muni d’indéniables qualités narratives et visuelles, la vente inespérée de ce témoignage exceptionnel au ministère de l’Agriculture aura permis à Jean Harlez de démarrer Le chantier des gosses, tourné selon le même principe : les protagonistes y jouent leur propre rôle.
Quand chacun apporte sa part
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Autour d'un piano
La version raccourcie par Jean Harlez de son long-métrage "Escalades au soleil de minuit" où il suit une expédition au Groenland du Club Alpin de Bruxelles, dont la fin fût tragique.
À la conquête des sommets polaires
Inaugurant la période de cinéma d’exploration de Jean Harlez, "Escalades au soleil de minuit" suit une expédition de 8 membres du Club Alpin de Bruxelles dans la presqu’île d’Akuliaruseq au Groenland. À leur invitation, Jean Harlez parvint à filmer le voyage intégral en 16mm Ecktachrome, souvent par moins dix degrés, alors qu’il n’avait jamais pratiqué l’escalade. De cet exploit humain et technique résulte un témoignage authentique, d’une sobriété loin du lyrisme héroïque des rares films du genre à l’époque. Et bien que l’ascension du dernier sommet se termina de manière tragique avec la disparition de quatre alpinistes, Jean Harlez sera conquis par la beauté du Grand Nord et ses habitants, au point d’y retourner à trois reprises.
Escalades au soleil de minuit

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Parallelle planeten
Jean Harlez recueille auprès d’un vieux conteur Inuit la légende d’Arétok et ses créatures maléfiques, les Tupilaks dont s’inspirent les sculptures en dents de morse des chasseurs du village de Kulusuk de la région d’Ammassalik. Les statuettes thérianthropes finement taillées par des outils rudimentaires, s’animent, grimacent ou menacent selon l’angle qu’on les regarde. Puis ce sera au tour d’une autre figure légendaire de rentrer en scène, la féroce Naligatek. Un film touchant par sa beauté et sa simplicité, sur un art spontané intimement lié à une cosmologie à la fois dure et poétique, transmise oralement depuis des temps immémoriaux.