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Séducteur, suborneur, sans scrupules, sauvage, sourd aux lamentations des femmes abandonnées, aux menaces de leurs pères outragés comme à celles du ciel, Don Juan le libertin n’écoute que ses plaisirs. Mais la destinée veille, et la vengeance de ses victimes attend son heure… Après avoir ressuscité avec brio le Xerse de Lully et l’Indian Queen de Purcell à Lille, Guy Cassiers s’intéresse aujourd’hui à l’immortel séducteur, et traque les conflits que dissimule son masque de liberté sensuelle. Il a choisi d’en faire la figure d’un monde en déclin, à mi chemin entre la crudité d’un abattoir et le faste d’un palais éblouissant… Contrastes en miroir, puisque le chef d’œuvre de Mozart et Da Ponte conjugue les sentiments les plus extrêmes avec le plus gracieux raffinement musical…
Emmanuelle Haïm dirigeait Le Concert d'Astrée dans cette production de La Finta Giardiniera de Mozart à l'Opéra de Lille en mars 2014. David Lescot signait une mise en scène privilégiant la simplicité et la fraicheur du propos. Nous sommes dans un opéra buffa dont l'action n'est pas exempte d'extravagance. Mozart avait juste 18 ans lorsqu'il écrivit La Finta giardiniera (La fausse jardinière) mais il avait déjà plusieurs opéras à son actif. Le personnage central est une jeune fille noble Violante Onesti qui se fait passer pour une jardinière sous le nom de Sandrina après la déception amoureuse encourue avec le Comte Belfiore, fiancé à la tumultueuse Arminda. Erin Morley incarne Violante Onesti face à Enea Scala (Contino Belfiore) et Marie-Adeline Henry dans le personnage d'Arminda.