Directing
Georges Ibrahim Abdallah, résistant communiste pro-palestinien, est le plus ancien prisonnier politique de France. Incarcéré depuis 40 ans, il demeure un symbole. Il était soupçonné d’être derrière les attentats qui semèrent le chaos dans le Paris des années 1980 et il a été condamné pour le meurtre de deux diplomates. Dans le film L’affaire Abdallah que Pierre Carles lui consacre, on découvre une histoire plus que trouble : un pays se choisit un coupable idéal. Une incroyable fake news et de fortes pressions exercées par les États-Unis sur la France sont à l'origine de cette durée de détention hors-norme, la machine médiatique officielle s’emballe, au service d’une raison d’état, aveugle et sourde à toutes les ambiguïtés de cette affaire, que ce documentaire met en évidence. Georges Abdallah aura été incarcéré près de 41 ans en France. À tort. À 74 ans, il a réussi à sortir de prison, debout, ses convictions politiques intactes.
Au printemps 2012, en pleine campagne des élections présidentielles, une équipe de choc s'invite chez les notables de la presse parisienne pour les interroger sur le traitement de faveur dont ils gratifient François Hollande depuis les premiers jours de sa candidature. En plébiscitant le prétendant socialiste et Nicolas Sarkozy, les responsables de l'information ne sont-ils pas en train de préempter l'issue du jeu électoral ?
Les grands médias français ont boudé le dernier séjour à Paris du président de gauche équatorien Rafael Correa. C’est pourtant ce petit pays d’Amérique latine, l’Equateur, qui sert de modèle aux militants grecs de Syriza ou aux économistes non-orthodoxes du mouvement espagnol Podemos pour régler le problème de la dette publique. Le gouvernement Correa a déclaré « illégitime » une partie de cette dette pour mener des politiques d’investissement public et de réduction de la pauvreté et des inégalités sociales.
Depuis 2007 en Équateur, le gouvernement de Rafael Correa a refusé de payer une partie de la dette publique, récupéré la souveraineté sur ses ressources naturelles face aux multinationales. Grâce à des politiques de redistribution, la pauvreté et les inégalités ont baissé fortement tandis que la classe moyenne a doublé en huit ans. Pierre Carles, Nina Faure et leur équipe débarquent tout feu tout flamme dans ce nouvel Eldorado. En sillonnant le pays en ébullition, nos deux réalisateurs tirent des leçons parfois opposées de leur enquête : l’un voudrait que Correa vienne retaper la France, l’autre s’interroge sur la nécessité d’un homme providentiel.
Une nouvelle génération politise les enjeux autour du corps, de la sexualité et des rapports de genre. Pour deux amies, Nina et Yéléna, cela commence par une prise de conscience. Avec quelques autres, elles se demandent pourquoi, dans une société qui prétend que l’égalité des sexes est déjà là, l’accès au plaisir est si difficile. Elles organisent des groupes de parole, découvrent Notre corps, nous-mêmes, un manuel féministe historique qui leur ouvre de nouvelles portes d’analyse. Elles vont à la rencontre d’enseignantes, éducatrices, sociologues pour tracer pas à pas ce qui finira par être un vrai plan d’attaque. De plus en plus impliquées dans les luttes qui se soulèvent partout, au cœur de ce mouvement féministe qui déferle, elles découvrent un plaisir jusqu’ici insoupçonné, celui de poursuivre une émancipation collective. Le plaisir d’abolir le patriarcat, tout simplement.
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