Directing
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Quel est ce feu qui pousse Don Giovanni à séduire, à soumettre, à conquérir les femmes une à une, avec la fièvre et la froideur du prédateur ferrant sa proie, à poursuivre à travers elles un obscur objet qui toujours se dérobe à lui ? Pour sa deuxième collaboration avec Da Ponte, Mozart devait marquer au fer rouge l’histoire de l’opéra et hanter à jamais la culture européenne. Kierkegaard nous invitait à écouter dans ce Dissolu puni « le chuchotement de la tentation, le tourbillon de la séduction, le silence de l’instant ». Le cycle Mozart-Da Ponte se poursuit avec Don Giovanni confié à Ivo Van Hove. Habitué à interroger le sens politique des œuvres, le metteur en scène réalise, après Boris Godounov, sa deuxième mise en scène pour l’Opéra de Paris.
En quête de perfection chrétienne, le riche Orgon a recueilli chez lui le dévot Tartuffe pour qu'il guide toute la maisonnée. Mais incapable de résister lui-même aux tentations, Tartuffe tombe amoureux de l'épouse d’Orgon. Surpris au moment il en faisait l’aveu à la belle Elmire, il ne s’en sort qu'au prix d’une plongée dans l’hypocrisie, qui conduit la famille au bord de l’explosion... Le metteur en scène, Ivo van Hove, nous entraîne à la découverte de la version originelle, censurée en 1664 par le Roi au lendemain de la première et qui n’a donc été jouée qu’une seule fois dans l’histoire.
Le 27 février 1933, la famille Essenbeck est réunie pour célébrer l'anniversaire du patriarche, le baron Joachim von Essenbeck (Didier Sandre). Dynastie ayant fait fortune dans les aciéries, ces maîtres de forge doivent leur prospérité et la gloire de leur nom à l'industrie de la sidérurgie. La soirée est interrompue par l'annonce de l'incendie du Reichstag qui marque la prise du pouvoir par les Nazis. Dans l'urgence de réarmer l'Allemagne, les Nazis courtisent les membres de la famille en jouant sur les dissensions afin de plier les Essenbeck à leur bon vouloir. La fille du baron Joachim, Sophie von Essenbeck (Elsa Lepoivre), veuve de guerre, mère de Martin (Christophe Montenez) un jeune homme trouble et maîtresse de Frederick Bauchmann (Guillaume Gallienne), directeur des usines, y voit l'occasion de prendre le pouvoir. Ce dernier décide de se rallier aux Nazis tandis qu'il élimine le chef de famille opposé à l'idéologie véhiculée par Hitler.
Alors même que les funérailles sont à peine achevées, Hamlet apprend par le fantôme de son père, défunt roi du Danemark, que sa mort est un crime perpétré par son oncle Claudius pour prendre sa place et que sa mère va s’unir à l’usurpateur du trône ... — En adoptant le point de vue d’Hamlet, confronté à la mort brutale de son père et à la trahison de ses proches, Ivo van Hove plonge sans fard le spectateur dans la conscience troublée du jeune homme. Scène après scène, le public devient spectateur de la bataille qui se déroule dans le crâne et le cœur surchargés d’Hamlet...