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Philippe Arthuys

Philippe Arthuys

Sound

Biographie

Philippe Arthuys est un musicien et réalisateur français né à Paris le 22 novembre 1928 et mort le 6 janvier 2010 à Toulouse. Il est le fils de l'homme politique et résistant Jacques Arthuys, et père de la comédienne Sophie Arthuys, du réalisateur Bertrand Arthuys et du compositeur Christophe Arthuys. C'est au sein du GRMC, avec Pierre Schaeffer et Pierre Henry, que Philippe Arthuys se familiarise avec la musique concrète. Le principe de base de la musique concrète consiste à travailler la matière sonore directement sur le support d'enregistrement, à partir d'une écoute assidue des éléments enregistrés, conformément à l'idée, que Schaeffer formule dès 1948, « qu'il existe un autre chemin que la notation pour accéder à la musique ». À cette période, la musique concrète paraît essentiellement destinée à renouveler la musique dramatique. Le tempérament d’Arthuys s'accommodant bien de cette tendance, il recherche surtout les rapports de la musique avec la poésie ou l'image, dans des œuvres illustrant des textes de Kipling (Le Crabe Qui Jouait Avec La Mer, 1955) ou d’Apollinaire (Le Voyeur, pour un film de Henri Gruel, 1956). La libération d’esprit et de technique ainsi trouvée influence les musiques de films qu'il compose pour Jacques Rivette (Paris nous appartient, 1961) et Jean-Luc Godard (Les Carabiniers, 1963). La collaboration entre Maurice Béjart et Pierre Henry s'intensifie, et Philippe Arthuys se spécialise dans la composition de musiques de films, ce qui exaspère Pierre Schaeffer. Constatant qu'ils s'adonnent plus à la composition qu'à la recherche, celui-ci finit par les contraindre à démissionner du Groupe. Ce sera la fin de l'avant-garde de la musique concrète, et la naissance du GRM que l'on connaît encore aujourd'hui. Philippe Arthuys défend l'idée que le traitement musical doit être appréhendé par-delà sa fonction de renforcement du récit. Le musical doit demeurer selon lui « en dehors du film » : « Les nouvelles procédures prétendent à un plus haut degré d'abstraction, une plus grande complexité. En réaction, en lutte avec les images, son action visant à exhiber, voire à déterminer la structure filmique, le musical entre dans son rapport d'hétérogénéité avec le discours visuel.» Il écrit alors de nombreuses musiques de films, entre autres : Les Camisards (1970) et Rude Journée Pour La Reine (1973) de René Allio, Le Vent Des Aurès (1966), Chronique Des Années De Draise (Palme d'or au Festival de Cannes de 1975), Vent de sable (1982) et la Dernière Image (1986) de Mohammed Lakhdar-Hamina. Arthuys composera aussi des musiques pour le théâtre, le cirque et la danse. Il écrit notamment la musique de Voilà L'Homme (1956), ballet de Maurice Béjart sur un argument de Jacques Prévert. Parallèlement à sa carrière de compositeur, il se dirige vers la réalisation. Il travaille comme assistant réalisateur sur Vanina Vanini de Roberto Rossellini puis réalise de nombreux films, faisant notamment tourner Françoise Prévost dans La Cage De Verre (coréalisateur : Jean-Louis Levi-Alvarès, 1965), sur l'holocauste juif ; Jean Vilar dans Des Christs Par Milliers (1969), sur la violence du monde ; Jean Négroni dans Noces De Sève (1979), parabole antinucléaire.

Connu pour

Chronique des années de braise
6.7

Festival de Cannes, 1975, Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar-Hamina reçoit la Palme d'or. C'est une première pour un film africain. Minutieuse chronique de l'évolution du mouvement national algérien de 1939 jusqu'au déclenchement de la révolution le 1er novembre 1954, le film démontre sans appel que la « guerre d'Algérie » n'est pas un accident de l'histoire, mais un lent processus de révoltes et de souffrances, ininterrompu, du début de la colonisation en 1830, jusqu'à cette « Toussaint rouge » du 1er novembre 54. Composé de six chapitres, le film brosse l'impitoyable tableau de l'histoire politique et guerrière de l'Algérie coloniale. En son centre, Ahmed s'éveille peu à peu à la conscience politique contre la colonisation, sous le regard de son fils, symbole de l'Algérie nouvelle, et celui de Miloud, harangueur mi-fou, mi-prophète, incarnation de la mémoire populaire de la révolte, de la libération de l'Algérie et de son peuple.

Chronique des années de braise

1975Film
Le Vent des Aurès
6.8

Le Vent des Aurès – premier road movie du cinéma algérien – décrit les des transformations du quotidien du peuple algérien durant la destructrice occupation française, puis lors de la guerre de libération. Alors que la répression militaire bat son plein, une paysanne se retrouve seule dans sa maison à la montagne lorsque son fils unique est enlevé par des soldats français peu après la mort de son mari lors d'un raid. Un jour, voyant un poulet mort, ce qu'elle considère comme de mauvais augure, elle décide de quitter la maison et se lance dans un pénible voyage à travers les montagnes. Accompagnée d'un couple de poules, elle se déplace d'un camp de détention à l'autre dans une recherche désespérée de son fils disparu. Le film s'inspire des événements vécus par la famille du réalisateur.

Le Vent des Aurès

1967Film
L'Opium et le Bâton
7.8

En 1950, en Algérie, dans un village de Kabylie, des maquisards algériens résistent contre l'armée d'occupation française. Bachir rentre au village pour fuir les affrontements qui ravagent Alger. À Thala, il a deux frères, Ali et Belaïd. Le premier est engagé avec l’ALN (Armée de Libération Nationale) et se bat contre le colonisateur. Son deuxième frère, Belaïd, l’ainé, est quant à lui persuadé d'une Algérie française. Sa famille déchirée, Bachir décide, lui, de s’engager dans la guerre et prend parti pour contre la répression de l’armée française. L’armée française essaie en vain de retourner la population contre les insurgés en usant de désinformations. Plus le temps passe et plus les habitants du village et des alentours, oppressés, rallient la cause du FLN, leurs maisons et leurs champs seront brulés…

L'Opium et le Bâton

1970Film